Jeux en ligne: loterie, paris sportifs, poker… vos gains sont-ils imposables? Tout dépend de votre profil de joueur et de la nature des jeux pratiqués. ( crédit photo : Getty Images )
Sommaire:
- Les gains occasionnels ne sont pas imposables
- Les gains d’un joueur professionnel peuvent être requalifiés
- La fiscalité indirecte pèse sur les opérateurs
- Les paris sportifs en ligne atteignent des records
Les gains occasionnels ne sont pas imposables
Les gains issus de loteries, paris sportifs paris hippiques et jeux de grattage sont exonérés d’impôt sur le revenu, quel que soit le montant gagné - y compris pour les très gros lots. Ces jeux sont en effet considérés comme des jeux de hasard, sur lesquels le joueur n’exerce aucune maitrise de l’aléa pesant sur ses perspectives de gains. La pratique n’étant pas assimilable à une activité lucrative, les gains n’entrent dans aucunes catégories imposables. Les joueurs n’ont donc rien à déclarer.
Les gains d’un joueur professionnel peuvent être requalifiés
Dans des cas très spécifiques, l’administration fiscale peut requalifier les gains en revenus imposables lorsqu’elle considère que le joueur exerce une activité assimilable à une profession. Elle s’appuie pour cela sur un faisceau d’indices: fréquence et régularité du jeu, organisation, caractère significatif des revenus et surtout capacité à supprimer ou d’atténuer fortement l’aléa normalement inhérent aux jeux de hasard. Les gains sont alors imposés en bénéfices non commerciaux (BNC) au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
En pratique, cette requalification concerne quasi-exclusivement les joueurs de poker et de bridge professionnels, deux jeux dans lesquels la compétence permet de maitriser partiellement l’aléa. Pour le poker en ligne, le risque est réel et documenté: l’administration peut exercer un droit de communication auprès de l’Autorité nationale des jeux pour obtenir la liste des joueurs ayant réalisé des gains importants. À l’inverse, les paris sportifs, même pratiqués de façon régulière, ne donnent pour l’heure pas lieu à requalification: le hasard du résultat sportif y demeure prépondérant.
La fiscalité indirecte pèse sur les opérateurs
Si les gains échappent à l’impôt pour le joueur, ils ne sont pas pour autant exempts de toute fiscalité. L’État prélève sa part de recettes directement sur l’activité des opérateurs, via des prélèvements assis le produit brut des jeux (PBJ) - soit la différence entre les mises les joueurs et les gains reversés. Ces taux, relevés en 2025 atteignent désormais 59,3% du PBJ pour les paris sportifs en ligne, et 69% pour le Loto et l’Euromillions. Pour le poker en ligne, la taxation a est passée de 0,2% des mises à 10% du PBJ.
Les paris sportifs en ligne atteignent des records
En 2025, le marché français des jeux d’argent a atteint 14,1 milliards d’euros de PBJ, en progression de 3% par rapport à 2024. Le segment en ligne pèse désormais 2,617 milliards d’euros (+ 8,5%), soit 18,5% du PBJ total. Avec 1,766 milliard d’euros (+10,4%), et 4,2 millions de joueurs, les paris sportifs en ligne constitue le secteur le plus dynamique porté notamment par la nouvelle formule de la Ligue des Champions et la montée en puissance du tennis. La Coupe du monde 2026 devrait amplifier cette dynamique dès cet été.
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